Précarité : La conjoncture renvoie les hommes aux métiers de femmes

Les difficultés de la vie créent de nouvelles mutations .Ce sont des hommes que l’on voit de plus en plus dans les cérémonies autour des marmites. Ils s’occupent non seulement de la cuisine, mais de tout ce qui tourne autour. Du lavage des récipients, à la cuisine proprement dite. La gent masculine envahit désormais un secteur réservé jusqu’ici aux femmes.

Dans cette activité, ils développent toute une industrie qui nourrit bien son homme. L’image n’est plus insolite celle de voir les hommes, lors de la cérémonie familiale, affairer autour des grosses marmites pour la cuisson des mets, les vaisselles et assurer le service après.

« Quand les hommes sont aux fourneaux, non seulement les plats sont plus succulents, mais les repas sont servis à temps sans compter la rigueur dans le nettoyage des lieux », commente un jeune père de famille. S’y ajoute « il y en a toujours pour tout le monde car avec les hommes, on est assuré que les invités seront rassasiés », renchérit une dame.

Quoi qu’il en soit, les marmites lors des cérémonies familiales sont devenues sources de revenues pour bien des jeunes. A l’instar de Sidi qui en fait son dada depuis huit ans. Cette présence masculine dans cette activité féminine, longtemps considérer comme une activité de femmes dans la société sénégalaise, s’explique selon Sidi, par la conjoncture.

Pourtant, le bonhomme n’avait aucune en investissant le créneau. C’est un long processus qui l’a mené à ce titre de cuisinier. Il a commencé d’abord à laver les ustensiles de cuisine dans les cérémonies durant quatre longues années et chaque matin il se mettait à la quête de cérémonies pour proposer ses services.

Seulement faire la vaisselle n’est pas chose aisé parce que n’est pas rentable. Alors Sidi revoit ses ambitions et décide de faire comme les hommes qui l’engageaient : devenir cuisinier.

Dans ce dessein, il dit n’avoir pas besoin de formation l’observation et l’action constitue à son avis le meilleur moyen d’apprentissage. « Je me rapprochais beaucoup plus de la marmite et je proposais mes services gratuitement », martèle-t-il.

Ainsi, au bout de quelques années, il savait cuisiner. Mais il lui fallait un équipement et un personnel. L’alternative était donc de payer ses services aux femmes. Ses honoraires fixées entre deux mille et trois francs CFA lui a permis de faire des épargnes afin d’obtenir le matériel adéquat.

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